La maladie de Lyme

Une infection bactérienne transmise par certaines tiques. Toutes ne sont pas porteuses, et toutes les piqûres ne contaminent pas : la prévention et la rapidité d'extraction restent les meilleurs alliés.

L'agent infectieux

La maladie de Lyme est causée par une bactérie, Borrelia burgdorferi, transmise lors d'une piqûre de tique. La tique impliquée en Europe est Ixodes ricinus, qui peut transmettre l'infection à différents stades de son développement (larve, nymphe, femelle adulte).

La piqûre en elle-même n'est pas dangereuse : c'est l'infection qu'elle peut véhiculer qui pose problème.

En Europe, environ 20% des tiques sont porteuses de la bactérie. En Belgique, ce chiffre tombe à 10%, et une piqûre par une tique infectée n'entraîne la maladie que dans 1 à 3% des cas.

Connaître la tique

La tique est un acarien brun-noir de la taille d'une tête d'épingle. Elle attend, fixée à la végétation basse, le passage d'un hôte (rongeur, gibier, animal domestique, humain). Elle s'accroche alors à la peau, enfonce son rostre et se nourrit de sang. Une fois gorgée, elle peut atteindre un millimètre de diamètre et se laisse tomber au sol.

Quand et où ?

  • Période de risque en Belgique : de mai à septembre, parfois d'avril à octobre selon la météo. Le pic se situe en juin.
  • Habitats : bois, lisières, sous-bois, fougeraies, hautes herbes, mais aussi prairies et parcs urbains.
  • Régions : pratiquement tout le territoire belge est concerné. Quelques arrondissements présentent une incidence plus élevée (Anvers, Louvain, Nivelles, Turnhout).

Réduire le risque

  • Couvrir la peau autant que possible lors de promenades en zone à risque (manches longues, pantalons rentrés dans les chaussettes).
  • Privilégier les vêtements clairs : les tiques foncées s'y repèrent plus facilement.
  • Utiliser un répulsif cutané (DEET, icaridine) sur les zones de peau découvertes, et un répulsif textile sur les vêtements. La protection diminue avec le temps : renouveler.
  • Rester sur les sentiers tracés pour éviter les frôlements avec la végétation basse.
  • Inspecter soigneusement la peau au retour. La piqûre est indolore.

Une infection ne se produit en pratique que si la tique reste accrochée plus de douze heures. Le risque reste faible jusqu'à 36 heures. Plus elle est retirée tôt, plus la transmission est improbable.

En cas de piqûre

  1. Retirer la tique le plus rapidement possible (idéalement dans les douze heures).
  2. Ne pas appliquer d'éther, d'alcool ni d'autre solvant avant l'extraction : cela peut faire régurgiter la tique et augmenter le risque de transmission.
  3. Utiliser une pince à tique en saisissant l'animal au plus près de la peau, puis pratiquer un mouvement de rotation lente associé à une légère traction. Ne pas laisser le rostre dans la peau.
  4. À défaut de pince, on peut utiliser deux doigts (attention aux microcoupures) ou couper la tique au ras de la peau avec une lame propre.
  5. Désinfecter la zone à l'alcool une fois la tique retirée. Se laver les mains, stériliser la pince.
  6. Si la tique n'est pas extraite entièrement, consulter un médecin.
  7. Noter la date et le lieu probable de la piqûre, et surveiller la zone pendant plusieurs semaines.

Reconnaître l'infection

La maladie évolue classiquement en trois phases, qui ne se manifestent pas toujours toutes :

De trois jours à trois mois après la piqûre

  • L'érythème migrant : une tache rouge circulaire qui s'étend progressivement autour du point de piqûre, atteignant en moyenne 15 cm (parfois beaucoup plus). Indolore. Présent chez environ 75% des personnes infectées. Sa disparition spontanée en quelques semaines ne signifie pas la guérison.
  • Symptômes pseudo-grippaux : fièvre, fatigue, maux de tête, douleurs musculaires, raideur de nuque, mal de gorge.

De quelques semaines à quelques mois après

  • Douleurs articulaires fugaces, sur une ou plusieurs articulations.
  • Paralysie faciale.
  • Plus rarement, troubles visuels ou troubles du rythme cardiaque.

Phase tardive (mois ou années plus tard)

  • Arthrites des grandes articulations (genoux, épaules, coudes), avec gonflement et douleurs.
  • Atteintes neurologiques chroniques (méningite, atteintes nerveuses).
  • Lésions cutanées chroniques, le plus souvent sur les membres.

Traitement

La maladie de Lyme se traite par antibiotiques ; plusieurs molécules sont efficaces. La présence d'un érythème migrant suffit pour démarrer le traitement, sans attendre les résultats sanguins. La cure dure habituellement de dix jours à trois semaines. Plus le traitement est précoce, meilleur est le pronostic.

Le diagnostic biologique nécessite une prise de sang réalisée au moins trois semaines après la piqûre, le temps que les anticorps apparaissent.

Vaccin

Aucun vaccin n'est actuellement disponible en Europe contre les souches européennes de la bactérie.

En conclusion

La prudence est de rigueur, sans paniquer :

  • Toutes les tiques ne sont pas infectées.
  • Une piqûre par une tique infectée ne transmet pas systématiquement la maladie.
  • Le traitement antibiotique précoce est efficace.

Il n'y a donc aucune raison de renoncer aux promenades en forêt : il s'agit simplement de prendre les précautions adaptées et de réagir vite en cas de piqûre.

Avertissement. Cette fiche est informative. Toute piqûre de tique présentant un érythème migrant, ou suivie de symptômes inhabituels dans les semaines qui suivent, doit faire l'objet d'une consultation médicale.

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